Récits et témoignages - 33 messages

Amis du GRP,

Vous êtes un fidèle du GRP ou un bénévole, vous voulez raconter votre expérience lors d’une précédente édition, c’est ici qu’il faut le faire !

You are a faithful of the GRP, want to tell your experience in a previous edition, this is where you have to do it !

Usted es un fiel del GRP, desea contar su experiencia en una edición anterior, ¡aquí es donde tiene que hacerlo!

 

Laurent GUICHART | 13 septembre 2019 à 22 h 14 min Répondre

En 2014, à l’arrivée du GRP 80km, j’annonçais à ma femme et au copain avec qui j’avais couru : « 80km / 18h c’est le maximum que je ferai, plus c’est pas pour moi ! »…début 2019 j’annonçais aux mêmes que je souhaitais m’engager sur le 220km « pour voir ce que c’est » autant dire que cette décision les a laissé perplexes.

Bah maintenant j’ai vu et je ne regrette pas !

Jeudi 22 aout 6 heures.
J’y suis enfin car ça fait maintenant des semaines (des mois) que je ne pense qu’à ce moment.
Tous les voyants sont au vert : je suis reposé, le temps s’annonce clément.
Objectif finir en ne passant que 2 nuits dehors, je vise 63h (arrivée prévue samedi 21h).
Évidemment ça ne sert à rien de s’exciter au départ, j’ai calé mon plan de marche pour garder une avance « confortable » sur la barrière horaire pour faire face à l’imprévu.
La matinée se déroule sans encombre, les paysages sont magnifiques arrivés au premier ravitaillement à Payolle on se croirait dans le Jura, ça me rappelle les parcours de la Forestière VTT.
Commence bientôt le premier gros morceau : la montée au Pic du midi sans ombre sous un soleil qui commence à picotter.
Sur le dernier tronçon de l’ascension, première grosse émotion, un bruit sourd déchire le ciel : un Rafale passe en-dessous de nous en faisant le tour du pic du Midi.

Retour au col du Sencours et ravitaillement solide, j’ai commencé à bien puiser dans mes réserves, pour preuve, la purée Vico proposée ne m’a jamais semblé aussi bonne !
La descente vers Hautacam commence entre-coupée de belle petites montées, toujours pas d’ombre…aïe je commence à avoir des symptôme que je connais bien : je n’arrive plus à boire de grosses gorgées, pas question d’avaler du solide…il faut vraiment ralentir, continuer à boire très régulièrement par petite gorgée.

Hautacam, à peine plus de 40km parcouru, mais déjà plane le spectre de l’abandon, je m’allonge sur un lit de camp en essayant de finir mon gobelet plein de coca. Mon voisin se fait poser une perfusion, la sapeure lui annonce qu’elle ne le laisse pas repartir. Je fais profil bas. Après 1h30 ça ne s’arrange pas…mais ça ne s’aggrave pas, alors je repars pour Pierrefite. De toute façon, pour rentrer à Saint Lary, il faut descendre. Je marche toute la descente, toute cette préparation pour m’arrêter à la fin de la première journée : y’a pas moyen ! La nuit tombe, il commence à faire frais. A l’arrivée à Pierrefite, l’appétit est revenu, je refais les niveaux, une douche froide, changement complet et c’est reparti, je n’ai plus que 1h30 d’avance sur la barrière horaire. Sur le chemin je rencontre pas mal de gars bien entamés par la chaleur de ce premier jour, dire que la météo annonce encore plus chaud demain et samedi.
Le ciel est magnifique, je ne manque pas une occasion dès que je sui un peu isolé d’éteindre la frontale et de lever le nez pour rêver un peu.

La fatigue commence à bien se faire sentir, je vais dormir un peu à Estaing. Tous les lits de camps sont pris, pas grave je m’endors assis dans la salle du ravitaillement. Je découvre alors que j’ai des cycles de sommeil de 14 minutes, car les 2 micro-siestes que je fais ont exactement la même durée (ça se confirmera d’ailleurs plus tard).
Je repars bien requinqué toujours avec 1h30 de marge sur la barrière horaire, il fait très froid à côte du lac d’Estaing, heureusement ça monte bien on se réchauffe pour arriver au lever du jour au col « mais il est où ? ».

Descente jusqu’à Cauterets, ce n’est pas très rationnel, mais je suis maintenant persuadé que je vais aller jusqu’au bout et puis quelques minutes après je suis découragé…mon moral fait le yoyo comme un gamin de 4 ans. La fatigue me fait passer par tous les états émotionnels au rythme du cliquetis que font mes bâtons sur le chemin.
Je profite du passage en ville pour acheter de la crème solaire, j’ai la marque des dragonnes sur les mains et les mollets couleur Irlandais endormi sur une plage en Grèce. Je me souviens du père d’un copain qui avait toujours 10 balles dans la poche quand il partait en VTT pour se payer une mousse en cas de coup dur, je suis content d’avoir suivi son conseil, je note dans ma liste « avoir du liquide = indispensable ».
La montée vers le Pont d’Espagne se fait au milieu de promeneurs qui râlent parce que le panneau indiquait 1h pour monter au lac de Gaube et il marche déjà depuis 1h30…on n’a pas tous les mêmes préoccupations, parce que moi je me demande si j’aurai assez d’eau pour atteindre le refuge des Oulettes dans 3 heures.
Quel paysage, c’est magique d’être ici, on est vraiment au milieu d’une carte postale, les cascades le Vignemale au fond de la vallée. Et puis la garbure du refuge des Oulettes, quel délice ! Merci au cuistot !
Dernière montée de la journée, deuxième grosse émotion, un grondement : à quelques encablures de la hourquette d’Ossoue, face à moi, une grosse coulée de glace au pied du vignemale.

La descente vers Gavarnie est longue, très longue, j’arrive à la nuit tombée au ravitaillement et je prends un claque, il y a du monde, trop de monde, trop de bruit, le parcours du 220km rejoins celui du 120km, je ressors pour manger dehors pour prendre un peu de recul et reprendre contact en douceur avec les autres coureurs.

Je connais un peu la région, la vallée pour rejoindre Gèdre puis Luz est étroite, je m’attends à passer sur des sentiers à flancs de falaise, je n’aime pas ça, j’ai le vertige.
Une seconde nuit commence, ça grimpe sec. Je commence à avoir des hallucinations, je vois des formes d’animaux sur chacun des rochers que j’observe, des nounours quand je regarde les empreintes laisser sur le sol par les pas des autres concurrents : il faut vraiment que je dorme avant la descente, sinon je risque la chute. Alors que j’en discute avec d’autres concurrents, je leur dis « stop, c’est là, je vais enfin dormir ». Comme par miracle, au début même de la descente, une chaise longue deux places bricolée avec un drap et des bouts de bois, je me jette dessus : 2 fois 14 minutes de sieste. Je suis plus confiant pour la descente jusqu’à Gèdre.

Montée de la Croix de Sia, encore ces hallucinations, ça me fait sourire, je vois aussi des signaleurs dans les bois aux intersections, mais une fois sur place personne. Et puis arrive le passage un peu aérien, on entend le bruit du torrent loin, très loin en contre-bas, un câble métallique accroché au rocher pour se tenir, je sers les dents, je ne regarde que mes pieds : les autres sont passés, je dois pouvoir le faire ! ouf, c’est passé, ça m’a réveillé.

Luz saint Sauveur, à l’entrée de la ville sur le bitume, une douleur intense sous le pieds gauche, une ampoule vient d’éclater, je fais le dernier km jusqu’à la base vie en clopinant sur un pieds. Direction les podologues, j’optimise mon temps d’attente en me changeant, passage de lingettes pour bébé, je suis plus frais, je me sens mieux (et les autres doivent également moins me sentir).
Allongé sur la table, la podologue m’annonce que pendant les soins je peux dormir, je ne me fais pas prier. Au bout d’un quart d’heure mes 2 pieds sont soignés, strappés, graissés, chaussettes enfilées, prêt à repartir. Oh là pas si vite, passage par le buffet : pâte, café, soupe, tout y passe dans n’importe quel ordre. Puis direction la salle de sieste, encore une fois tous les lits sont pris, alors je me pose sur la moquette au milieu des sacs pour mes 2 fois 14 minutes.
Je garde ma marge de 1h30 sur la barrière horaire, finalement depuis la première alerte en début de parcours, tout se passe comme prévu sur le papier.

Barèges, 2 jours et 2 nuits à marcher dans la montagne ça calme. Sur un lit de camp, pas possible de réveiller un des coureurs malgré les chants accompagnés à la guitare par 2 bénévoles bien gaillards.
En repartant, je me surprends à me dire « c’est bon c’est fini, plus que 12 heures », en y réfléchissant, ce que je ne suis plus capable de faire sur le moment, ce n’est pas très encourageant, 12h c’est tout de même pas si facile et puis au milieu il y a quand même 2500m de dénivelé.
Il commence à faire très chaud et je ne vois pas beaucoup d’arbre en direction du refuge de la Glère. A mi-pente, je trouve un coin d’herbe à l’ombre avec un résurgence d’eau qui maintient le tout bien au frais, je cale mon sac pour me faire un oreiller et c’est parti pour la sieste. Mi-endormi je vois un randonneur qui s’approche pour voir ce qui se passe, un coureur qui passe le rassure et lui explique qu’on marche depuis plus de 2 jours, donc une petite sieste ça fait du bien. Je confirme, je repars avec entrain (à crémaillère vu la pente).

Refuge de la glère, pas de pâte, je le savais, c’est marqué sur mes petits papiers plastifiés qui me servent de road-book, mais je sens qu’il me manque un peu de solide, ça va se confirmer dans quelques heures.
En effet, après une belle montée dans les caillasses, arrive le moment de barvoure de cet itinéraire, le cœur du massif de Néouvielle, un hamas rochers, pas de sentier, on « saute » (c’est un peu prétentieux vu mon état) de rocher en rocher, ça n’en finit pas et pour couronner le tout, une bonne petite fringalle, je vide mes poches, et j’arrive tat bien que mal à la cabane d’Aygues-Cluse.
Faites place, je me jette sur tout ce qui se mange, tout plein fait je peux repartir pour la fin, j’y crois vraiment, ça y est c’est la dernière ligne droite (ou presque), on chemine avec les gars du 80km maintenant et je dois dire que ça flatte quand des gars disent à voix basse « put…, c’est un type du 220km, je sais pas comment ils font ! », t’inquiète je ne sais pas vraiment non plus.

Passage de la hourquette Nère, le miracle se produit, comme après toutes les fringalles que j’ai subi, c’est la forme olympique, une sorte de contre-coup quand toutes les réserves se remplissent à nouveau, il faut en profiter tant que ça dur, je commence à rêver d’arriver avant la nuit (c’est-à-dire 21h), je cavale comme je ne l’avais pas encore fait depuis 2 jours, je commence à doubler du monde. Merlans approche, le soleil décline, je suis toujours aussi bien, je décide de faire un ravitaillement express.

Je commence à frissonner en pensant à l’arrivée.

Je me lance à fond dans la dernière descente, je suis à fond, ça fait 9 mois que je m’entraine pour cette course en courant quasiment tous les jours, alors maintenant fini la marche, je coure, aussi vite que je peux, attention quand même à ne pas se faire une cheville à 5km de l’arrivée.
J’entends le speaker, j’ai du mal à y croire et je cours toujours, de plus en plus vite !
Ça y est c’est fait, je lève les bras, 220km, 63h48’, quel plaisir !

Je dis encore une fois, « plus jamais ça c’est trop dur », mais c’est quand même trop bien !
J’ai pensé à cette course durant des mois de préparation, et depuis j’y pense encore tous les jours. Finalement écrire ces lignes c’est une sorte de thérapie pour passer à autre chose.
Pourquoi pas repasser sur 2 roues et tenter le prochain Paris-Brest-Paris en 2023.

Merci à tous pour l’organisation.

J’espère pouvoir revenir pour suivre un coureur sur le 220km en accompagnateur n’est-ce pas Jérôme ?

    Ange

    Ange | 14 septembre 2019 à 11 h 06 min Répondre

    Merci pour ce beau récit

    Jon Pain | 28 septembre 2019 à 21 h 24 min Répondre

    Great story, thanks for posting your adventure. Anything is possible now!

JB Team-Raidlight | 9 septembre 2019 à 17 h 45 min Répondre

Bonjour,

Voici mon compte-rendu de mon GRP Ultra Tour 2019 , bonne lecture :

Introduction et présentation :
Depuis 2013, j’ai comme objectif annuel un gros ultra :
La Diagonale des fous en 2013
L’UT4M 160 en 2014
L’infernal 160 en 2015
L’UTMB en 2016 malheureusement un DNF
L’UT4M Xtrem 160 en 2017
L’UTMB en 2018

Mis à part 2016, j’ai toujours pu finir mes courses sans gros pépins physiques, alors cette année je me suis lancé le défi de boucler le Grand Raid des Pyrénées – Ultra Tour 220 Km et ses 12 500 de D+.

La préparation s’est plutôt bien passée et l’enchaînement des différentes sorties et compétitions également. (5 sorties par semaines incluant une double séance le mercredi et une sortie longue de 30-40 Km D+ 2à 3000, le dimanche).

Les compétitions étaient : Le Trail des 3 Couvents (50 Km D+ 3500) en avril. Les aventuriers du bout de Drôme, en mai (bifurcation sur le 100 km D+ 5000) avec à la clé une 2ème place au scratch. Le TGV (parcours de repli 60Km D+ 3200) en juillet.

J-3 :
Pour le GRP, j’arrive sur le site de la course avec ma petite famille le lundi 19 août 2019, histoire de m’acclimater et de générer le moins de stress possible avant le jour J, en peaufinant au préalable les différents sacs qui iront aux bases de vie et celui qui me suivra tout le long de cette course. C’est la première fois que je découvre les Pyrénées et j’avoue être déjà bluffé par la beauté du paysage et des sommets aux alentours.

Sur cette course je me suis fixé au préalable deux objectifs :
1- Terminer .
2- Faire au maximum 2 nuits dehors

J-1 :
Je planifie de récupérer mon dossard en fin de journée, pour pouvoir enchaîner la dépose des sacs assistance et le briefing de course.
Le soir de la course, j’ai ma tradition : des farfalles, deux bons steaks de boucher et un cordon bleu pour le bonus.

Jour J :
Chaque nuit d’avant course est toujours un peu compliquée, ce n’est pas un sommeil de tout repos. Réveil matinal à 04H15 pour me préparer et me rendre sur le site du départ de la course.
J’y arrive vers 05h15 et je m’imprègne de l’ambiance et rêve déjà de franchir la ligne d’arrivée sous cette banderole …mais la route sera longue,

Je discute avec un membre du Team Raidlight, histoire de se déconnecter, tellement déconnecté qu’on en oublie nos prénoms … Puis chacun se mets dans sa bulle à sa manière….

Puis sur un air de Coldplay – Viva la Vida (musique officielle du GRP), le départ approche ….. 5 …. 4….3…..2…. 1 …..Gooooooooooooooooo

VIELLE AURE > PIERREFITTE (Du Km 0 au Km 74) : JEUDI 22 AOÛT
A 6H00, (Salomon Ultra Pro 2 au pied) le top est donné, nous somme s 427 à prendre le départ de cette folle aventure, je pense partir à un rythme tranquille mais arrivé à Payolle (Km 20) à 08H30 en 62ème position, je me dis que j’y vais peut être un peu fort pour un 220 km, alors je décide de tempérer.

Direction le Pic du Midi, une belle ascension plutôt agréable même si la fin est un peu plus technique, tous les voyants sont au vert et à 12h21, j’arrive au sommet en 86ème position (36ème Km), disons que le mode « tempérage » à du mal à se déclencher …mais whaooouuuu que la vue est belle de là haut …

La descente s’effectue bien et est elle aussi agréable jusqu’au Col de Sencours, kilomètre 43 à 13h00 en 103ème position.

Les kilomètres s’enchaînent plutôt bien pour l’instant … Hautacam (Km 61) à 17h36 en 176ème position …enfin le mode « témpérage » à l’air de mieux
fonctionner …

J’arrive à la première base de vie, Pierrefitte (Km 74) à 20h05 soit déjà 14h de course, je suis en 208ème position, je suis plutôt bien, je n’ai pas encore sommeil alors je décide uniquement de me changer (tenue complète et baskets j’opte pour les Salomon SPEEDCROSS 5). Je me ravitaille bien pour partir à l’assaut de la base de vie des Cauterets au 111ème kilomètre .

PIERREFITTE > LES CAUTERETS (Du Km 74 au Km 111) JEUDI 22 ET VENDREDI 23 AOÛT.
Je repars assez rapidement de la base de vie de PIERREFITE, la pause aura à peine duré une demie heure. Au fil des kilomètres la fatigue commence à se faire sentir, je commence à ressentir des nausées, l’estomac fait des siennes…

A Estaing (km 92), où j’arrive à 01h38 le vendredi, je me sens épuisé, j’ai sommeil et mes nausées m’empêchent de me ravitailler correctement, je me décide d’y dormir une petite demie heure et de repartir après avoir fait un mélange eau-coca dans un bidon ..ma potion magique pour m’aider à faire passer les nausées…

La nuit a été compliquée..nausées, vomissements au fil des kilomètres …malgré ma potion rien y fait…

En route malgré tout vers les Cauterets … on fini par trouver un « ravito surprise »… l’estomac en vrac, j’hésite à prendre une soupe à la tomate…sentant que j’ai besoin aussi de refaire le plein d’énergie, l’hésitation ne dure pas longtemps …

Et j’avoue avoir bien fait… car après ce petit ravito improvisé, j’arrive enfin à m’hydrater correctement… Le jour (Jour 2) se lève et qu’est ce que c’est beau la lumière du jour sur ces magnifiques sommets …

De quoi me rebooster jusqu’au Cauterets où j’y arrive à 07H49… (25h47 de course et 210ème) là je me décide à nouveau de dormir, de me changer (tenue uniquement) et surtout de bien me ravitailler pour me redonner l’énergie nécessaire pour avancer …une bonne plâtrée de pâte au gruyère, une bonne hydratation … et après quasi une heure de pause…c’est reparti …

LES CAUTERETS (Km 111) > LA LUZ (Km 167) Vendredi / Samedi :
Le jour se lève et la journée est annoncée chaude …très chaude… mais j’ai fait le plein et je me sens bien à nouveau …direction le refuge des Oulettes en passant par le pont d’Espagne …la vue y est toujours aussi magnifique … je ne m’en lasse pas et ça fait aussi du bien au moral car malgré la technicité de la course et ses embûches, la beauté du paysage est un boostant car on a envie d’en voir encore plus …et j’avoue également que les bénévoles sont au top ..toujours souriant, toujours le mot qu’il faut …ce GRP est vraiment une belle aventure ….

En direction du refuge des Oulettes, je me fais dépasser par « Redge35, le gribouilleur runner », oui celui qui a fait la sublime affiche du GRP …

Avouez qu’elle est belle cette affiche non ?! … alors je ne résiste pas à l’envie de le rattraper et de le féliciter pour le beau boulot, il a beaucoup de talent faut le reconnaître et il semble bien plus frais que moi aussi, alors on papote vite fait et chacun repars à son rythme…

J’arrive au refuge des Oulettes à 13h10 (Km 125) en 180ème position, il fait sacrément chaud et la montée vers le refuge de Baysellance semble interminable sous ce soleil de plomb, heureusement il y a différentes sources et je n’hésite pas à me rafraîchir…

A 15h12, plus de 33h de course, j’arrive au refuge de Baysellance Km 129.

Il me tarde que la nuit arrive pour avoir moins chaud, je sens que mes avants bras sont en feu, la descente vers Gavarnie est technique mais le moral est au beau fixe.
A 19h24 (Km 144) j’arrive à Gavarnie, on me promet une vue magnifique sur le cirque … et on ne m’a pas menti ….

La nuit tombe peu à peu et c’est parti pour la deuxième nuit. (heureusement j’avais prévu le coup grâce à ma PETZL Nao + et ses 2 accus : 1 par nuit).s’en suit une grosse et longue…très très longue montée technique dré dans le pentu …je vois au loin les lumières des frontales menant à un col qui semble si loin et si inaccessible…. je mets le cerveau en mode  « off », sans réfléchir..j’avance plutôt pas mal …

J’arrive à la Gèdre à 22h33 (Km 154) et je commence à me dire que mon objectif de ne passer que deux nuits dehors semble être à ma portée.

Après 45h d’effort, à 03h du mat’ le samedi, j’arrive à la 3ème et dernière base de vie, celle de la LUZ SAINT SAUVEUR (km 167) où je me change intégralement et opte pour mes SALOMON SENSE RIDE 2. Je suis 181 ème. Je me repose bien et fait le plein d’énergie car passer ce cap kilométrique, je vais bientôt plonger vers l’inconnu et à 50 kilomètre de l’arrivée le mental est à bloc pour terminer cette course.

LA LUZ (Km 167) > VIELLE AURE (Km 218) : Samedi 24 Août
« A la fraîche » , la montée jusqu’à Barège se fait plutôt bien, j’y arrive à 07H00 en 162ème position, Km 176.

La journée va être longue car la traversée du massif de Néouvielle s’annonce des plus techniques, pierreuse et en plein soleil….

Jusqu’au refuge de la Glère tout va bien, le soleil pointe le bout de son nez et la montée est régulière …au bout de 51h de course, voilà enfin ce refuge niché au milieu de nul part ; il est 09h35 et je pointe à la 160ème place…

A partir de là., c’est parti pour du « sentier », il faut être vigilant car la rubalise est pas forcément bien évidente à suivre, et à vrai dire il faut souvent se faire sa propre trace à travers pierres et roches, en plein soleil. Je sens que mes avants bras chauffent à nouveau, l’eau dans mes bidons descends vite, très vite …trop vite comme pour d’autres coureurs, On s’entraide, on se dépanne en eau, on se motive dans cette partie de la course sûrement la plus compliquée à gérer.

Après des heures de galère, de montées interminables, de pierriers à n’en plus finir et de descentes encore plus techniques où vigilance est le maître mot (courir est vivement déconseillé), j’arrive au refuge d’Aygues Cluse Km194. On m’annonce une dernière grosse montée vers un col puis une autre montée plus régulière avant la redescente vers …. L’ARRIVEEEEEE !!!

Je m’hydrate bien , me repose quelques minutes et repars ….

A 16h40, j’arrive au sommet de ce col …, s’en suit descente bien technique qui fait mal aux pattes et une montée régulière qui fait beaucoup de bien au moral et rebooste, je me dirige vers le restaurant Merlans , dernier ravito avant l’arrivée… juste avant d’y arriver. je sympathise avec un coureur « Jean-Michel » super sympa avec qui on décide de faire un bout de chemin ensemble.

On arrive au ravito à 19h53, Km 204 en 186ème position, là c’est sûr mon objectif de ne passer que deux nuits dehors va être atteint et celui d’être finisher lui aussi semble être à porté de mains… Ravitaillement express, une remontée d’une piste de ski et la descente vers VIELLE AURE commence.

Pris par l’euphorie d’arrivée, je sens que les jambes sont de retour, Jean- Michel lui préfère temporiser jusqu’à l’arrivée. Je commence donc à partir en courant seul dans la descente ..les kilomètres défilent et un groupe de randonneur m’annonce 8 km jusqu’à l’arrivée… là …les deux fils se touchent …la piste s’élargie, la vitesse augmente et c’est parti …à fond .. à fond les ballons jusqu’à l’arrivée, je me sens survolté à l’idée de franchir cette ligne d’arrivée … survolté à l’idée que je ne passerai bien que deux nuits dehors et survolté à l’idée que grâce à ma gestion de course je vais pouvoir retrouver ma femme et ma fille à l’arrivée avant qu’il fasse vraiment bien nuit …..

Je traverse …Vignec … St Lary … toujours en mode survolté … je longe la rivière « L’Aure » qui mêne à l’arrivée … toujours en courant de plus en plus vite… je ne pensais vraiment pas avoir encore autant d’énergie … et aussi euphorique que depuis la descente, je franchis la ligne d’arrivée ……en 64h48’35 !!!!! En ce samedi 24 à 22h50, classé 188 ème et 48ème dans ma catégorie …JE SUIS FINISHER DU GRP ULTRA TOUR 220 Km D+ 12 500 !!!!

CONCLUSION :
Plusieurs jours après j’ai encore beaucoup de mal à réaliser l’exploit accompli…
Il s’agît là sûrement de la course la plus technique et la plus exigeante que j’ai faite… ça rends forcément la finalité plus belle.

Je ne remercierai jamais assez ma famille, mes amis, mes collègues de travail, pour leur soutien inconditionnel,

Je tiens ègalement à remercier les bénévoles pour leur boulot, leur présence et leur soutien à toutes épreuves ; ainsi que tous les coureurs que j’ai pu rencontrer, avec qui j’ai pu partager un bout de course, une part d’aventure…

Je n’oublie pas bien sur Raidlight et le Team Raidlight pour leurs conseils aguerris et autres, cette communauté de coureurs qui malgré les années perdure tant bien que mal …

Maintenant place au repos avant de penser sérieusement à la saison 2020 …à de nouveaux défis toujours plus fous et où j’espère pouvoir compter sur tous ces soutiens sans qui rien ne serait possible.

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Laurent | 8 septembre 2019 à 22 h 20 min Répondre

Bonsoir
Je tenais à vous remercier pour ce grand événement qu’est le GRP.
Je ne vais utiliser qu’un adjectif FORMIDABLE !
Formidable, pour :

– l’accueil
– les bénévoles
– le parcours
– les spectateurs
– les commerçants
– les organisateurs

J’espère n’avoir oublié personne et vous souhaite bonne continuation pour les années à venir
Laurent

DAUDIGEOS | 7 septembre 2019 à 11 h 59 min Répondre

Bonjour,
Tout d’abord je tenais à vous féliciter pour cette organisation 2019!! Vraiment un régal de courir avec ces bénévoles aux petits soins pour nous ainsi que les ostéos et podologues…même si une erreur de ma part sur le choix du matériel (manchons mollets trop petit…donc problème retour veineux pour moi “abandon sur le 220”!! snifff… on ne le dira pas mais je travaille dans un magasin de sport!!!).
En espérant qu’en 2020 le 220 soit à nouveau au programme!! Et puis 2020 sonne bien avec 220… 😉
Je vais croiser les doigts pour… Afin de me faire oublier cet échec pour moi…
Bonne route au GRP…
Stéphane.

François @laplanetetrail | 3 septembre 2019 à 14 h 23 min Répondre

UNE AVENTURE DE DINGUES

Couche les gosses, assis toi, prend un café et un mouchoir, met une série à ton conjoins qui s’en tape du Trail

Je vais te raconter mon aventure sur le GRP – Grand Raid des Pyrénées !

En attendant la vidéo de la course je vais essayer de te faire vivre mon aventure !

Nous somme parti pour 3 semaines de vacances et le GRP sonnait la fin de celles-ci. J’avais donc un mélange de hâte d’en découdre et en même temps pas vraiment comme cela voulait dire que c’était la fin des vacances !

L’AVANT

Durant mes vacances, j’ai pu aller taquiner un peu les pentes douces de montagne et surtout me péter les cuisses dans les descentes !

Quand j’ai eu 3 jours de courbatures après une malheureuse descente de 800 de D- l’inquiétude est montée… Suis-je prêt ?

Pour me rassurer je me la suis refaite, ce qui n’a pas améliorer ma récupération ! Nous somme à S-2 !

S-1 je fais une rando course avec les bâtons d’environ deux heure tranquille ! Ce sera ma dernière sortie avant le grand jour ! Je suis en forme et donc confiant.

PAS DE STRESS Y’A…

Durant toutes les vacances, je ne pense pas à ce grand jour !

Ça ne m’inquiète pas, je profite de l’instant présent ! Notre dictons avec ma femme “Ici et maintenant” ! On devient un peu youyou depuis qu’on s’est abonné à Petit Bambou 🧘‍♂️

JUSQU’À J-2

Pierre-yves et Anne-laure nous invite à manger BBQ dans leur demeure. Nous passons une très bonne soirée à parler du match à venir !

Pierre-Yves a déjà fait les 80kms du GRP et connait bien le chantier du 120 kms ! Il sera Finisher du 80 kms avec une heure de moins que l’année dernière : BRAVO !

Bilan la nuit suivante, je fais la crêpe dans le lit et arrive à dormir entre 3 et 4h. 😴

LE BAL DU RETRAIT DES DOSSARDS

Voilà nous y somme ! Finalement la fête commence ici !

Car le retrait des dossards pour une course comme ça, n’a rien à voir avec l’inscription à la course du village où Michelle te donne ton dossard et ta boite de pâté et roule ma poule !

Non, ici c’est un circuit de 6 étapes.

Tu commences par regarder ton numéro de dossard sur un grand panneau.

Ensuite, tu continus avec des braves gens qui te donnent un panier (comme dans les aéroports) pour que tu y mette ton matos obligatoire.

Une fois que s’est fait, passage à l’étape suivante où un bénévole vérifie que tu as bien tout ce qu’il faut et tu t’engages sur l’honneur à le garder sur toi ! Coup de tampon : CHECK !

On poursuit en allant chercher le Graal. Tu as aussi le droit à un bracelet de festival (tu sais celui que tu as du mal à enlever même quand le festoche est terminé 😉 )

Dans le sac avec le dossard, les Pyrénéens ils ne sont pas radins ! On a le droit à : Une boite de pâté, un gâteau au fruit confit, un saucisson, un sac de sport et aussi une bière ! Un régal !

Avant dernière étape ! La plus simple, tu dois faire activer ton dossard et vérifier qu’il s’agit bien de ton nom correspondant à ton dossard… Ce serai fâcheux !

On termine l’affaire avec le passage au dépôt de sac de base vie ! Sur ultra-trail tu as souvent le droit de déposer un sac à mi-parcours environ où tu y ranges ta vie ! On verra plus tard ce que tu peux y mettre précisément !

Petit tour au briefing écouter les consignes de sécurité etc…

Et roule direction le départ Piau-engaly !

SOIRÉE VEILLE DE COURSE

Je ne vais pas m’éterniser là dessus car je n’en suis pas vraiment fière ! Ce ne fût pas le repas le plus dièt du monde : Pizza royale ! Merde j’ai encore craqué !

La nuit se déroule bien, comparé à celle de la veille !

JOUR J !

Le départ est à 10h, ce qui est très bien pour prendre le temps de se préparer pénard ! Je vous passe le détails du changement de la bouteille de gaz qui a décidé de se vider juste ce jour là 🙁 !

Mes affaires sont prêtes de la veille je ne met pas longtemps à me préparer, je suis opé 45min en avance ! On est large ! Cela me laisse le temps d’aller faire une balade au toutou et de croiser les gars de Herminesportsnature Kernilis avec Fabien et Philippe qui sont aussi sur le 120kms !

La famille du coin est là pour m’encourager au départ. Cela fait un bien fou tout ce soutien ! Un grand merci à toutes la famille Fornasier Lagathu !

TOP DÉPART !

Le speaker ambiance les coureurs tel l’ami Christophe Catrevault 😉

Les sourires sont sur les visages.

Un coup d’œil à gauche, un coup d’œil à droite… Merde ! Mais ils sont tous affûtés comme des arbalètes les types ! Qu’est-ce-que je fou là ?

Bon on verra bien…

C’EST PARTI !

Petite boucle dans la station de ski de Piau-Engaly de 8,4kms avec 749 de D+ pour revenir sur la ligne de départ afin d’étirer le peloton.

Les jambes sont là, il fait chaud, va falloir être vigilant sur l’hydratation…

Avec Fabien, on papote durant tout le début de course. Mais rapidement sur la deuxième ascension, on entend plus personne, tout le monde est rentré dans sa bulle.

L’ETAPE LA PLUS LONGUE

Il faudra 16,2kms avec 760 de D+ pour rejoindre le prochain ravito à Gèdre !

Il est environ midi quand on se tape l’ascension, il fait très chaud et je n’ai que les 1,5 litres l’eau obligatoire ! GRAVE ERREUR !

Je termine très rapidement mon stock d’eau, en arrivant au ravito j’ai très soif donc je m’enquille 500ml d’un coup (chose à ne pas faire) !

Ma seconde erreur est de ne pas avoir mis de crème pour les pieds au départ (le tube étant dans mon sac de base vie).

Une infirmière pompier se trouve au ravito, je prends 10min pour qu’elle m’en mette. Je repars !

DÉBUT DU CALVAIRE

Jusqu’au prochain ravitaillement nous avons la côte la plus raide du parcours. 725 de D+ en 6.3kms ! BOOM !

Je n’arrive pas à me réhydrater et mes 1,5 L sont trop justes !

Je termine mes flasques très rapidement ! Pas le choix il faut que je prenne de l’eau des torrents malgré les consignes de l’organisation de ne pas boire cette eau.

Mais c’est ça ou rien ! Survis oblige, ce sera ça ! Advienne que pourra !

UN PASSAGE EN ENFER

Le ravito du lac des Gloriettes est passé ! C’est un point d’eau uniquement, je repars donc avec de la bonne eau pour poursuivre ma route.

Mais rien à faire, j’ai la bouche sèche, je ne peux pas manger. Dès que j’avale quelque chose ou boit la moindre goutte d’eau je vomi !

Je me couche sur le bord du chemin un nombre de fois incalculable. Une coureuse vient m’aider me voyant dans le mal, me parle du mal des montagnes mais je pense à une déshydratation !

Il y a presque 10kms et 770 de D+ pour rejoindre le Refuge d’espuguettes je suis qu’au 35eme kms et mon cerveau me dit de mettre le clignotant ! Il veut me faire abandonner !

Je me trouve toutes les meilleurs excuses du monde pour justifier mon abandon.

J’envoi un message à me femme pour lui dire que c’est la fin je n’irai pas au bout, au risque d’abîmer ma santé !

C’EST LE MIMI, C’EST LE RARA, C’EST LE MIRACLE

Il est environ 19h et le refuge sert de la soupe au champignons !

J’en ai tellement envie, que je retourne en prendre 3 fois !

C’est elle qui me requinquera et me fera remonter la pente !

Grosse descente de 8.3kms jusqu’à Gavarnie. Je suis à l’aise dans les descentes et la soupe m’a vraiment fait du bien. Le moral remonte donc en flèche.

RAVITO DE GAVARNIE

Nous somme presque au 50eme km et cela fait 10h12 que nous somme parti !

Quand j’arrive au ravito Fabien en sort tout juste, on s’encourage mutuellement avec un petit “à taleur” comme on arrête pas de se croiser ! Il avance bien dans les montés contrairement à moi qui n’avance pas et je le rattrape dans les descentes !

Quel chance j’ai… à ce ravito ma femme et mon fils prennent soins de moi. Ils vont me chercher à manger, remplissent mes flasques. Bref, je suis le roi !
Elle me réconforte et me dit que je ne peux pas lâcher l’affaire !

Mon ventre va beaucoup mieux et je n’ai plus de nausées ! Je ne perd donc pas de temps à aller voir un médecin sur place (en plus j’ai oublié ma carte vitale) !

La nuit commence à tomber, je me dis que le froid va arriver avec, je m’équipe un peu plus chaudement, il ne faut pas que mon corps perde de l’énergie à se réchauffer !

LA NUIT TOMBE

Première nuit dehors !

C’est la première fois que je cours une nuit complète dehors. J’aime courir la nuit et n’entendre que le bruit de mes pas fouler le sol, voir les petits insectes nocturnes sur le chemin, s’arrêter et lever la tête pour admirer les étoiles. Bref, un kiff !

21h j’allume ma frontale ! La nuit tombe vite en montagne !

Au village du départ, je suis allé voir Adrien de Go’Lum ! Vous savez la lampe révolutionnaire dont je vous ai parlé. Je lui parle de ma frontale dont je ne suis pas satisfait. Il me propose de m’en prêter une pour la course ! Je ne regrette absolument pas d’avoir accepté ce fût un succès ! Merci 🙂

RETOUR A GEDRE

Une “petite” boucle de 25 kms environ nous fait revenir au ravitaillement de Gèdre.

Il est 22h30 quand j’arrive à ce ravito ! Cela fait donc 12h30 qu’on est parti !

Qui je ne vois pas posé sur son banc ? Mon Fabien ! Effectivement, on arrête pas de jouer au chat et à la souris !

Souvenez-vous c’est à ce ravito, que j’ai commencé ma déshydratation, et que le calvaire a démarré.

8h30 plus tard, même si je suis en meilleure forme, je suis fatigué ! Le ravitaillement d’après est la base vie, mais je veux m’arrêter la dormir !

Sur les conseils de ma femme (toujours là), je continu pour aller jusqu’à la base vie, je serai mieux !

Je l’écoute et continue, elle a raison je serai mieux…

EN ROUTE VERS LA BASE VIE

Le chemin est agréable, une côte très raide (donc Fabien me rattrape), je le redouble dans une descente et arrive à la base vie avant lui.

LA BASE VIE

Première fois que je rentre dans un espace de ce genre. Je ne sais pas bien comme ça se passe ! Où on dort ? Où est mon sac ? C’est la découverte !

Il est 1h50 et je suis rincé et je n’ai qu’une envie : DORMIR !

Je vais dans la salle avec les lits de camps mais là c’est le drame ! Tous les lits sont occupés !

Un pompier qui surveille les lieux me propose d’attendre que quelqu’un se réveil… Le regard que je lui ai proposé devait être un mélange de zombi, de schizophrène et de caliméro (ne faite pas ça chez vous, ceci est réalisé par des professionnelles… ou pas !)

Je suis dégoutté !

Comment attendre une durée inconnue, dans une pièce qui pu la chaussette dégueu, avec Mich qui ronfle comme un roi après un poulet frite ?

Et là… Mon sauveur ! Un gars se pointe avec des lits de camps sous les bras et se dirige les installer dans la pièce destinée, à l’origine, au retrait des sacs de base vie. J’ai envie de le prendre dans mes bras, mais je pu alors je me retiens ! Je suis le premier à m’installer dans cette salle avec les lits, je choisi donc celui le plus loin du bruit !

Très compliqué de s’endormir, surtout quand un bénévole est dans cette pièce comme dans son royaume et est en pleine forme. Il parle fort et fait des blagues ! Il est heureux d’être là et le fait savoir 😊

Bref, je fini quand-même par m’endormir, je ne mets pas de réveil, on verra bien quand je me réveil !

LE RÉVEIL

Une heure et demi plus tard, le bénévole à la grosse voix me réveil (sans le vouloir). Mais c’est très bien. Mes appareils électroniques sont rechargés, il est temps que je reparte !

Je vais manger un peu quand-même avant de reprendre la route ! Au menu : jambon pâte fromage à 4h du mat… ça a comme un goût de retour de soirée staffaire !

A ma grande surprise, je n’ai pas trop mal aux jambes, j’avais peur que la coupure me sèche les jambes et m’empêche de repartir mais ça va !

Au pointage de sortie, je demande si Fabien est toujours dans les parages, on me dit qu’il est sorti il y a une heure ! Je me dis que l’avance est trop importante cette fois-ci je penses sincèrement le revoir qu’à l’arrivée pour la binouse !

C’EST REPARTI

Il y a intérêt d’être en forme car là nous attend un sacré chantier, la montée la plus longue du parcours : 2000 de D+ en 20 kms rien ksa !

Je prends l’option musique pour m’aider à repartir, voilà je suis dans ma bulle et j’y suis bien !

Les 9kms pour aller jusqu’au ravito suivant se passe bien, je suis en forme, la sieste m’aura vraiment fait beaucoup de bien !

J’arrive à 6h du mat’ au ravito, le schéma est classique je vais bien alors je ne traîne pas : Soupe + remplissage des flasques et c’est reparti !

MODE MADELEINE ACTIVÉE

Le jour se lève, j’ai fait plus des 2/3 du parcours, j’ai la musique « fil rouge » de mon mariage puis « Sans repères » (les vrais se rappellent) dans les oreilles, je vais bien physiquement et je comprends que je vais aller au bout !

L’émotion m’envahi, je pleurs tout seul dans la montagne, les marmottes devaient bien se foutres de ma poire !

Je sèche vite mes larmes et me ressaisi, il ne faudrait pas que je me déshydrate de nouveau… 😊

La route jusqu’au Refuge de la Glère est… fraiche !

Il fait jour mais le soleil est derrière la montagne ce qui ne me réchauffe pas ! Mais j’ai la flemme de m’arrêter pour me couvrir, donc ça attendra le Refuge !

En arrivant… qui s’est que je ne croise pas là ? Bin bien sûr mon Fabien…

Bon… Je suis content de le voir, mais ce n’est pas la forme chez lui, les cuisses sont dures et la fatigue est là car il n’a pas pu dormir à la base vie ! Il me parle d’abandon, j’essaye de lui enlever cette idée de la tête ! Il a un gros mental, il remontera la pente c’est sûr !

Au ravito, je demande un café comme il fait froid, on me demande 1€70, je dis décline la proposition, je ferai sans ! Fatigué, je poursuis ma route !

En montagne, une chose qui est rageante c’est quand tu penses arriver au sommet, mais en fait quand tu y arrive tu découvres un nouveau sommet !

Ca m’est arrivé dans cette côte. Comme j’étais très fatigué, je me suis écarté légèrement du chemin pour m’allonger dans une touffe d’herbe dormir 15min.

Vous ne devinerez jamais qui m’a réveillé ! Ma femme ! Je l’ai entendu m’appeler ! Si si ! Elle est là à 2300m d’altitude, pas une route à 3kms à la ronde mais je suis persuadé de l’avoir entendu alors je la cherche partout du regard ! En vain, évidemment !

Bon, faut que je me lève avant d’avoir d’autres hallucination ! Mais impossible ! Mes jambes ne veulent pas bouger ! Je rampe jusqu’à un rocher pour m’aider mais rien à faire ! Heureusement, des randonneurs passent par là et me donnent un coup de main bien utile !

Je repars tout doucement.

DÉBUT DU CHANTIER

Bon quand j’étais sûr d’en venir à bout c’était avant de voir ce chantier…

Un terrain impossible à courir pour un gars comme moi !

Quand j’étais enfant, j’adorais courir sur les rochers à la mer (bon encore maintenant j’avoue…) ! Sauf qu’après 22h de course, bin ça me fais bien moins marrer !

Pas vraiment de chemin, tu passes comme tu peux en te traînant de bloc en bloc, parfois tu tentes un saut de cabri vers le rocher suivant au risque que ton muscle se casse en 1000 à l’atterrissage ! Parfois, tu fais le foufou en alignant deux foulées mais une pierre qui te semblait stable vrille et te met la cheville en PLS !

Donc on prend son temps et on avance tout doux, pas le choix !

CA SENT QUAND MÊME LA FIN

Une fois le passage dans les pierriers fait la route est sympa, les premiers du 80kms nous doubles et encourages, ce sont des flèches les types ! Impressionnant d’aisance ! Le fameux « pied montagnard » n’est pas une légende.

La descente vers le lac de l’Oule est magnifique (peut-être la partie la plus joli du parcours ?) ! Beaucoup de randonneurs nous laissent passer en nous encourageant, ça fait du bien !

La route vers le dernier ravito est longue mais agréable. On peut se dire “c’est la dernière montée, après une descente et on en parle plus” !

MAIS QUEL DESCENTE !

10kms de descente avec 1800 de D- environ, des passages raides à souhait, qui alternent avec des pentes plus douces.

Moi qui fus à l’aise dans les descentes tout du long, j’avais hâte à cette pente pour aligner les kms rapidement ! Mais impossible les cuisses sont dures et je ne peux pas courir au risque de tomber ! Je me force quand même en alternant marche rapide et course autant que possible.

Je veux en finir !

LA FIN EST PROCHE

Descente terminée ! En bas m’attend la famille du coin, avec ma femme et mon fils. Cela fait un bien fou de les voir ! J’ai même le droit à une crêpe au sucre (ravitaillement hors zone méa-culpa…).

Il reste 1800m, je les fais avec ma femme et mon fils, elle en vélo, moi à pied. C’est tentant d’échanger les rôles ! Mais non !

L’ARRIVEE

Il est 18h30 quand j’arrive, il y a du monde dans Vielle-Aure !

Les applaudissements sont nombreux cela fait sacrément du bien d’être accueilli comme si on revenait de la Lune.

Nous finissons tous les trois ensembles, enfin jusqu’à ce que mon fils arrive devant la fanfare qui était en train de jouer, là il est resté scotché devant tellement impressionné par le monde et la musique.

Je passe l’arche en sautant (ça va devenir une tradition), comme quoi il me restait du jus…

Sauf que l’arche n’est pas l’arrivée, il faut continuer un petit peu pour aller se faire badger et marquer le coup de siffler final après 32h32 de course.

Direction le ravito de fin avec cette fois-ci un café ! L’émotion est au max, je suis sacrément content d’en avoir terminé.

Je m’assoie au ravito en attendant Fabien ! Malheureusement, il m’envoie une photo de lui dans une ambulance, il s’est fait une entorse du genou et a dû se faire rapatrier en hélico à 13kms de l’arrivée ! Qu’est-ce qu’il ne ferait pas pour un tour d’hélico le bougre… T’auras ta revanche l’année prochaine poto 😉

JE SUIS ULTRA TRAILEUR

Jusqu’à présent, je ne me considérais pas comme ultra traileur, même si la règle dit que c’est à partir de 80 kms qu’un trail est considéré comme ultra ! Pour moi, il fallait que je passe une nuit dehors pour me considérer comme ultra traileur ! C’est chose faite !

L’organisation est vraiment rodée ! Le parcours est au top ! Les bénévoles géniaux ! Surpris de ne voir aucuns bénévoles pour nous guider aux intersections, comme quoi un bon balisage suffit et on se prend peut-être un peu trop le chou avec les « bénévoles guides » nous en Bretagne…

Un grand Bravo à l’ensemble des participants, organisateurs et bénévoles !

Surtout, une mention spéciale à ma femme qui m’a accompagné et soutenu durant tout le parcours (même la nuit), la course a été intense pour elle aussi et je me rend compte de la chance que j’ai d’avoir eu son soutien ! MERCI 🥰😘😍

La vidéo arrivera rapidement, avec également un débrief sur mes erreurs et ce que j’aurai changé… enfin bref abonnez-vous sur la chaîne YT pour ne pas rater ça !

Maintenant place à la récup car dans 2 semaines direction la Corse pour faire le GR20 en 5 jours 😉

La biz

François – La planète Trail

Fourgs Simone | 3 septembre 2019 à 10 h 19 min Répondre

Voilà, c’est fini…je l’ai enfin ce trail montagne tant rêvé ( tour des lacs). Des paysages magnifiques, la vue imprenable sur la chaîne pyrénéenne du Pic du Midi, la montée vers le Col de Bastanet sous le regard étonné des vautours devant ce drôle de cortége et espérant peut-être leur prochain repas.
Une sacré organisation , des bénévoles efficaces et souriants avec toujours le petit mot qui va bien quand la tête ou le corps ne sont plus trop au rdv. Des applaudissements, des encouragements tout au long de la journée et une partie de la nuit, l’heure de rallumer la frontale (magique ou flippant, selon..) .et…ma “petite team” présente à mon arrivée à trois heures du matin!
J’ai couru ce matin en plaine picarde avec des images montagne plein la tête. J’ai vu des marmottes , des izards…euh enfin juste un écureuil.
Merci pour ces beaux moments

mignot | 2 septembre 2019 à 11 h 42 min Répondre

C’était la 1ère fois que je participais au GRP sur le tour du néouvielle et cela a été un plaisir total avec des conditions météo exceptionnelles, un parcours technique avec des montées et des descentes raides et un panorma exceptionnel sur les lacs de montagne et la vallée de Saint Lary.
Un grand merci aux organisateurs et aux bénévoles pour m’avoir fait découvrir les montagnes des Pyrénées, moi qui vient de l’Oise avec le point culminant du département qui s’élève à 220m !!
Malgré tout j’ai bien géré la course en finissant dans le top 100.
En tout cas, je reviendrai avec grand plaisir sur le GRP qui mérite vraiment sa réputation !

MARIAN SKRZYPEZAK | 31 août 2019 à 9 h 15 min Répondre

“Nous ne sommes pas sur d’y arriver,mais nous sommes convaincus d’être à la recherche du bonheur.Echouer c’est ne pas essayer.Echouer c’est ne pas profiter de chaque étape du chemin.Echouer c’est ne rien ressentir.Nous recevrons des coups,nous souffrirons et la distance nous séparant de nos objectifs nous semblera toujours trop importante.Mais en aucun cas nous ne pouvons échouer tant que le parcours est riche,même si nous n’atteignons pas le sommet ” Kilian Jornet

Seul V4 inscrit sur l’Ultra je peux vous affirmer que mon parcours a été riche.Difficultés,technicité mais que d’émotions et de spectacles magnifiques.

Abandons à Hautacam après des difficultés pour m’alimenter depuis le col de Sencours.Mais ce n’est pas une excuse,n’ayant pas de vécu sur des trails en montagne je me suis aperçu que je n’étais pas prêt pour une telle épreuve.Et même sans mes problèmes d’alimentation je suis persuadé que je n’aurais pu terminer la course. Je garderai malgré tout un merveilleux souvenir de cette expérience.

Un grand merci à toute l’équipe d’organisation,les bénévoles…..qui m’ont permis de vivre une (courte) aventure inoubliable.

Et je ne renonce pas,si la santé le permet,à l’année prochaine.

Sportivement

MARTIN CEDRIC | 30 août 2019 à 22 h 22 min Répondre

Je vient de participer à l’ultra tour 2019. Le parcours était superbe, une ambiance familiale et des bénévoles incroyables, disponibles, accueillant, toujours souriants et au service des coureurs. Un grand merci a eux.

Un petit bémol concernant le balisage qui a été au coeur des discussions de nombreux trailers. De nuit il était très difficile de repérer les balises notamment aux passages de cols et dans le Néouvielle. Rester sur la trace demandait une veritable recherche. En effet il y avait 2 types de balisages: les bandes réfléchissantes qui sur les zones de cols étaient souvent a meme le sol (car zone enherbées et pas de supports hauts) et pas forcement toujours visibles et les petits drapeaux rouges qui eux n’étaient pas réfléchissants et ne servaient donc pas a grand chose de nuit. Prévoir les drapeaux réfléchissants serait un gros plus, sur certaines parties du parcours les baliseurs on d’ailleurs agrafé des bouts de bande réfléchissantes sur ces drapeaux.

Malgré tout c’est une superbe épreuve à la hauteur de sa reputation et j’en garde de superbes souvenirs.

    Sébastien gianoli | 31 août 2019 à 9 h 22 min Répondre

    Bonjour
    Je me permets de vous répondre sur le balisage. Effectivement , sur la montée vers les hauts de cauterets, j ai moi aussi un peu cherché les petits drapeaux,a certains endroits.Cependant, je n’ai pas eu de difficultés à suivre la trace. De même, dans la descente sur cauterets , j ai pris les phares d une moto pour du balisage !! J ai vite fait demi-tour et retrouve la trace.
    Je voudrai dire que baliser un parcours, c est difficile. Je le fais dans mon village sur un trail de 12kms, alors sur 220!?
    C est pourquoi je remercie vivement les équipes qui se sont chargées du balisage. On peut toujours apporter des modifications, mais pour ma part, c etait top!

Anne-Marie | 30 août 2019 à 18 h 57 min Répondre

Un grand merci à tous pour cette organisation de fou !
Un merci particulier à la kiné qui m’a strappé la cheville à la Mongie pendant mon 80 km !
J’ai pu le finir et je lui dois en partie ma médaille de finisher !! Ce fut long et laborieux mais j’ai réussi.
Merci à tous les bénévoles en règle général qui au départ, sur les ravitaillements ou à l’arrivée sont souriants, accueillants et rassurants.
Vivement l’année prochaine !!!

    Jacques gestionnaire GRP de la vallée du Haut-Adour | 1 septembre 2019 à 22 h 01 min Répondre

    Bonsoir Anne-Marie

    Il s’agit de Gaëlle Ribière; elle est dans le top 20 des meilleures athlètes féminin d’Occitanie en course sur route :
    galoute65@hotmail.com

Cécile | 30 août 2019 à 17 h 37 min Répondre

Bonjour Chère équipe du GRP, Un petit message car il me semblait normal de prendre le temps de vous remercier pour ce superbe événement. J ai tenté le 120 mais j ai du abandonner malheureusement à la base de vie mais quel régal pourtant!!! Ça fait 3 ans que je viens et c’est un vrai bonheur à chaque fois. Une orga, des bénévoles et des parcours incroyables. Ne changez rien vous êtes pour moi le plus beau trail de France et la meilleure équipe du circuit. Bravo encore et merci pour tout je n’oublierai jamais ce que j ai eu la chance de voir sur ce 120km et les belles rencontres sur le parcours. Un immense MERCI à vous toutes et tous.

Sébastien Gianoli | 29 août 2019 à 22 h 59 min Répondre

Bonjour,

Je viens pour la 1° fois sur le GRP, inscrit sur le 220.
Malgré un abandon à Gavarnie après 144 kms, je n’ai aucun regret. je suis reparti de Vielle Aure, un brin mélancolique, un peu comme quand les vacances se terminent.
Cela veut donc dire que je reviendrai !
Un grand merci à toute l’équipe organisatrice et aux nombreux bénévoles . Bravo pour la garbure du refuge de Baysselance, il manquait juste le rouge !
A très bientôt

gueyffier | 29 août 2019 à 15 h 45 min Répondre

Les flammes bleues au propane de mon réchaud pulsent comme un bec de soudeur dans la nuit humide et peinent à réchauffer l’atmosphère. Les pieds dans l’herbe jaune, je souffle sur mon thé bleu, le nez dans mon muesli. Il n’est pas encore 5 :00 et déjà le bruit des fermetures éclairs s’échappent des tentes à soufflets trônant comme des fleurs sur les toits des voitures. Des pieds blancs fraichement crémés jaillissent des vans aménagés couverts d’autocollants, comme autant de gloires fanées. Les hommes affairés se font lucioles, les femmes mi-endormies se font rassurantes. La petite armée des clodos de la montagne s’ébroue, s’agglutine en grappes et les paumés du petit matin marchent désormais silencieusement. Tous sanglés dans des micro-paquetages près à éclater et tous pressés de se faire sauter le tympan en écoutant le coup de feu de Vieille Aure. Un jet de pierre et c’est déjà la lumière jaunie qui éclabousse ce joli village made in Occitanie au cœur des hautes Pyrénées. Ca bruisse, le speaker parle trop fort mais je crois que tout le monde s’en fou car personne n’écoute. On selfies, on ironise, on devise ; allez 218k et 12 400D+ de cet Ultra tour c’est que des nombres et en plus, plus les années passent, moins on sait compter!

Bim, j’entends plus rien et j’ai une giclée d’adrénaline dans le sang c’est sûrement que ça a du commencer. Je cours avec mon grand pote Francois Letargat en duo, et de surcroit on est coachés, suivi et assistés par notre photographe-journaliste et amie attitrée Carole Pipolo sur toute l’épreuve ; une vraie pro de l’exercice. Autant vous dire que ca sent les petits oignons, la famille de cœur et la belle aventure.

On dézingue la première montée, tout est souple, vert, soyeux. On tombe sur la petite station de ski de Payolle (1 seule remontée mécanique, j’adore) son beau lac nous fait de l’œil, sa hêtraie nous enveloppe de fraicheur, l’Adour qui se love à ses pieds serine sa douce mélopée ringarde de trappeur. Go pour 1800 de D+ avec un objectif très simple à comprendre : le Pic du Midi de Bigorre et ses 2876m.

Le dièdre de schistes surmontée d’un observatoire astronomique et d’un relai de télévision est désormais notre pompon tout de blancheur et d’acier se détachant sur fond bleu métallique. Un petit fil arachnéen viole l’espace et emmène les paresseux au sommet dans une bétaillère en tôle tandis que la lune épuise ses dernières blancheurs dans un air déjà plein de cuisantes promesses. En attendant ça monte ferme dans la forêt d’où jailli comme par sorcellerie la cascade du Garet. (Il parait même que dans ses bois il y a une accro branche à la Bashung qui s’appelle « les Vertiges de l’Adour », re-j’adore).

On abandonne les sorcières protectrices des bois pour partir dans le minéral éblouissant zébré de mica, tourmaline noir et de pyrite magnétique. Je n’ai pas de montre, pas de bâtons, un sac de 10L archi minimaliste, et vous n’imaginez pas comme ce dépouillement est possible et grisant. Ca monte dur mais c’est tellement bon que ça en est dur à expliquer.

En attendant il faut se refaire au col de Sencours car l’eau et les calories défilent à grande vitesse. On repart sur une piste taillée à grand coup de bulldozer qui ressemble à un chemin de mine. Les flâneurs, les suiveurs, les candidats à l’AVC, et les premiers coureurs qui redescendent du sommet s’entrecroisent dans un roulement de pierres poussiéreuses. Ca se pousse des coudes, ça se salue ou ça s’ignore superbement, il commence à y avoir un peu trop d’humains pour nous dans cette montée. Au sommet Carole, notre ange gardienne, nous tance d’un « Bravo les garçons ! » qui claque comme un fouet de motivation. On embrasse ensemble la vue stupéfiante sur toute la chaîne des Pyrénées, avec une envie de revoir tout ça sous la neige.

Allez je ne résiste pas à partager avec vous un peu de mythologie locale! Saviez vous que les Pyrénées seraient le tombeau de Pyrène, morte de trop avoir aimé Héracles ? De leurs amours serait né un Python dont la tête est à Gavarnie et la queue sur le pic du midi. Il y a même quelques anciens qui disent que si on observe les strates de gneiss on peu parfois l’imaginer.…

Bon avec tout ça on vient de se faire un premier marathon et on doit maintenant se faire une dégringolade de 2400m de D- dans la fournaise, col d’Aoube, col de Bareilles. On longe l’incroyable lac bleu. 50 hectares d’un bleu magnétique que je parviens pas à quitter des yeux. Les flancs verdoyants des montagnes sont parsemés de myrtilliers et d’étendues violettes de bruyère en fleurs, un camaïeu qui aurait surement plu à Cézanne s’il avait pu participer au GRP.

On tombe sur la station d’Hautacam (km 61), notre Pipolette fidele au poste, harangue ses troupes. Allez un dernier saut d’Izard et on est à Pierrefite (km 74). C’est la première base vie et on vient de s’envoyer le tiers de la course. Ma tête est en feu, sous un jet d’eau glacé je reviens à moi. On achalande nos besaces, on se concentre, on reprend nos esprits et surtout on essaie de manger en alternant frais et consistant. Le jour et la chaleur revoient leurs prétentions à la baisse, on repart pour mille mètre de D+ avec , en levant les yeux, le col de Cabaliros terrassant de grandeur. La montée a été laborieuse, je m’endors en fait.

Enfin on redescend sur Estaing un jeune coureur blessé au genou boîte et s’appuye courageusement sur ses bâtons. Encore 1200m de montée une sieste ratée de 20’ ou personne ne parvient à dormir et une descente sur Cauteret, la seconde base vie (km 111). La nuit a jeté sur moi ses heures noires et son filtre d’oubli. J’ai ma première hallucination sonore. En passant sur des guets j’entends le bruit de l’eau qui se transforme en station radio mal réglée et en bougeant la station change. Le sommeil est devenu prioritaire cette fois-ci. Après avoir mangé et quitté la cohorte des zombies de la base on va dormir 45’ dans la tente Hussarde de Carole (je vous conseille d’aller voir cette tente brevetée crée par la petite start-up française « Naïtup » c’est du outdoor 4 étoiles comme vous n’avez jamais vu !).

Malheureusement si je m’endors dans la seconde, François, lui, reste totalement éveillé.

Tant pis, on doit se lancer de 940 m d’altitude à 2640m sans le moindre replat. On traverse le pont d’Espagne puis on remonte la vallée de Gaude avec ses vasques et ses cascades, le refuge des Oulettes de Gaube puis de Bayssellance (km 129). Ca sent bon la Garbure et la bonne humeur, les bénévoles deviennent des enchanteurs et tout prend cette saveur qu’ils distillent.

Allez un dernier effort la partie finale totalement minérale est d’une beauté folle. Le Vignemale (point culminant des Pyrénées française avec 3298m) et son glacier aux reflets anisés regardent, monumentaux d’indifférence, la scène.

Ils sont définitivement ma madeleine de Proust au piment d’Espelette d’un bout à l’autre des Pyrénées…

Maintenant le soleil plombe notre redescente et j’ai décidé de mettre lunettes et casquette dans le sac d’allégement croyant aller plus vite. Grossière erreur d’apprenti minimaliste, mais Carole veille et nous intercepte sur notre descente vers Gavarnie (km 144). On s’alimente encore bien, allez une bosse et le double de descente pour aller sur Gèdre. On zappe le ravitaillement pressés que nous sommes de rejoindre la troisième et dernière base vie de Luz-Saint-Sauveur. De nouveau c’est une erreur d’appréciation, nos réserves d’eaux sont légères etles deux côtes qui nous attendent droit dans la pente sur un tapis de feuilles mortes vont faire très mal. Le jour décline, le moral se détériore franchement, je n’ai plus rien à manger et presque plus d’eau. Par chance on croise Jonathan ; un coureur direct, gouailleur, sympa à souhait avec qui on fait un brin de causette. Enfin un type qui arrive à ne pas se prendre au sérieux et qui arrive à se décentrer de SA course. Ca bouge enfin, un ravitaillement sauvage, salutaire et goûtu, fait par un couple de retraité au pied de leur maison, nous sauve des restrictions engagées. On se gave de quatre-quarts pur beurre et d’amandes parfumées avant de remercier ce tandem angélique.

La première féminine, Séverine, nous rattrape en pleine forme et les premiers de l’épreuve du 120km nous dépassent avec des états allant de la grâce totale au surrégime inquiétant après juste 50km d’épreuve.

Nous voilà enfin à Luz (km 167) il n’y a plus que 50km avec une mise en bouche de 1700 D+. Après une hésitation tactique, on décide de repartir sans dormir à chaud pour une seconde nuit quasi blanche. On retrouve nos compagnons de descente mais je m’endors dans la montée. Je fais diversion, j’appelle mes enfants, je parle de tout et n’importe quoi. Je chauffe un peu Jonathan sur sa vie professionnel. C’est un tout jeune retraité, tireur d’élite, de l’armée de terre et il a des cartons d’anecdotes et un parcours incroyable. Dans la montée les coureurs sont alignés comme des allumettes dans l’herbe terrassés par le sommeil. Je suis encore réveillé mais François commence à accuser le coup après le refuge de Glére (km 185 et 10800 de D+). Le terrain deviens très technique (j’ai presque envie de dire enfin). Mais la fatigue impose une sieste de 20’ dans notre sac de survie. Cette fois-ci François s’endors et récupère tandis que je suis gelé et bien moins euphorique. Nous sommes seuls cette fois ci à près de 2500m d’altitude, une lune bizarrement hachée en deux nous toise et nous guide à moitié. Mais on avance sur ce terrain joueur pavé de bloc immenses de granits parfait en sautant sur les arêtes perchées parfois à deux mètres au-dessus du sol.

On est enfin au cœur de la réserve naturelle de Néouvielle. Une lumière émouvante se lève sur ce secteur lacustre faisant alliance avec un silence parfait. Ses moments sans prix rachète tous les autres…

Je suis vide, assis à la cabane d’Aygues Cluses, mes réserves alimentaires étaient une nouvelle fois bien trop justes. Je discute tout autant apathique que consterné avec un type, genre hipster de magazine, qui m’explique que, dans les derniers kilomètres, il y avait trop de cailloux. Et que d’ailleurs il y en avait tellement qu’on ne devrait même pas appeler ca un trail ! Là vraiment j’en reste sans voix… Petit à petit ce joli monde d’aventurier du week-end (dont je fais partie) change et je ne suis pas bien sûr que je lui reste bien adapté longtemps.

Bon assez rigolé ; montée-descente-montée gentille et on est au restaurant Merlans (dernier ravito km 203), enfin 15km et c’est la quille ! Carole nous galvanise, nous soigne comme elle seule sait le faire avant de faire avec nous la dernière montée. La descente tout en course sur une petite sente est littéralement brûlante. Le soleil tape si fort que mes cheveux se métamorphosent en botte de paille attendant son briquet. J’entends distinctement François me parler alors que ses lèvres sont immobiles. J’ai un petit pète au casque à l’évidence. Heureusement ce dernier rejoindra un lavoir glacé un peu plus bas, la tête fumante.

Enfin les derniers kilomètres, on longe les eaux vives de la belle Neste d’Aure.

Nous voilà devenus les enfants innocents et tumultueux qui encore et toujours la poursuivent. Tout s’accélère, une allée de sourires, de mains tapées et d’herbe douce. La fontaine pleine de pieds de finishers, le tapis rouge poussiéreux, l’arche monumentale violette de la délivrance après 54h 26’ pour un score de 57 et 58/450 partants.

Voilà c’est l’instant unique de nos têtes immortalisées et encore surprises d’avoir caressé le python de la tête aux pieds sans qu’il nous ait étouffés.

Merci aux bénévoles de l’ombre, aux amis d’un jour et de toute une vie.

Merci aux attentions de chaque heure qui nous ont entourées, soulagées et portées.

Et bien sûr merci à Pyrène et Héracles de s’être tant aimés.

    Ange

    Ange | 29 août 2019 à 22 h 04 min Répondre

    Merci pour ce magnifique récit

    Sébastien Gianoli | 30 août 2019 à 14 h 59 min Répondre

    Bravo et merci pour ce magnifique récit. Je retrouve quelques similitudes avec ma course…jusqu’à son terme à Gavarnie !

Arnaud GUILBAUD | 29 août 2019 à 10 h 06 min Répondre

J’ai découvert le GRP cette année sur le 120 kms. Une météo superbe nous a permis de découvrir des paysages magnifiques, des lacs, des points de vues, …. J’ai trouvé ce trail très beau, le parcours bien pensé et je le conseille à celles et ceux qui aiment la montagne et le trail. Je reviendrai sur une autre distance notamment pour monter le Pic du Midi, point de vue extraordinaire sur la chaîne des Pyrénées ….
Un grand merci aux organisateurs, aux bénévoles et au public, ………. une course géniale mais qu’il faut bien préparer !!!

Jérémy Caza | 28 août 2019 à 13 h 14 min Répondre

Bonjour à tous,

Je suis un pyrénéen exilé à Paris et c’est toujours un réel plaisir de venir sur les sentiers du GRP.
Cela fait la 2ème année consécutive que je me lance sur le Tour des Lacs et l’émotion est toujours aussi forte: des paysages à couper le souffle (j’ai beau les avoir vu 100 fois je suis toujours aussi amoureux), des bénévoles incroyables (toujours aux petits soins avec le mot gentil qui va bien) et surtout cette arrivée à Vielle Aure que j’affectionne : pas des barrières, des gens à toutes heures, des encouragements, des beaux gestes, des larmes, des rires, des bières…
Pour moi le GRP est une course particulière car elle a réussi à conserver son esprit de clocher tout en étant d’un professionnalisme exemplaire. Alors je dis bravo à tous ceux qui se démènent chaque année pour que l’on puisse continuer à s’éclater dans nos belles montagnes.

L’an prochain ce sera le Tour des cirques pour moi. Réservez moi une petite place 😉

Amicalement,
Jérémy

sylvie Baldacchino | 27 août 2019 à 13 h 48 min Répondre

bonjour,
j’ai découvert cette course grace à des amis, et cette année je me suis lancéé un défi le Tour de Néouvielle,
cela à été pour moi ma première grande course dans les grandes montagnes, j’en garde un très bon souvenir 🙂
et j’espère bien revenir l’année prochaine , encore merci à tous les bénévoles sans vous il n’ y a pas de course et merci pour cette superbe animation

Christophe BIZET | 27 août 2019 à 11 h 44 min Répondre

Grâce aux GRP, j’ai pu découvrir les Pyrénées. Ces montagnes sont magnifiques et je prends déjà date pour y revenir dès l’année prochaine avec la petite famille cette fois car j’ai hâte de leur faire découvrir ce que j’y ai vu.
Mais surtout, les organisateurs et les bénévoles. J’ai la chance d’avoir fait un certain nombre de trail partout en France, des grands et des petits. Et toujours je suis ému par la gentillesse, la bienveillance et le dénouement de tous ces bénévoles. Mais là, sur le GRP, c’est puissance 10. Alors je tenais à remercier infiniment chacun d’eux pour tout. Ils ont contribué à faire que cette expérience soit magnifique, INOUBLIABLE.
GRAND GRAND MERCI AU GRP ET A SES BENEVOLES !!!!!!!
Et à l’année prochaine !

Lam | 27 août 2019 à 8 h 47 min Répondre

Cela fait deux ans que l’on vient sur le grp 120, mon mari cours… et moi je l’encourage.
Je voulais dire merci à tous les bénévoles qui sont toujours très sympathiques que ce soit avec les coureurs ou avec les accompagnateurs.
Un merci aussi aux professionnels, les deux bars du village de vieille-aure, mais aussi à ceux des autres villages que nous avons squattés pendant des heures…
L’homme rentre heureux de tous les paysages qu’il a pu voir, différents de l’an dernier car le parcours avait changé!
En tant qu’accompagnateur, on se régale aussi de beaux paysages, de routes super accessibles… j’ai peur en montagne alors je peux vous dire que les routes sont belles!
Il est cependant super super dur de ne pas avoir de nouvelles des coureurs entre barèges et le restaurant de merlans… cela représente quelques heures quand même…
Sinon, top top top… a peut être l’année prochaine.

Sylvain LAZARE | 26 août 2019 à 22 h 28 min Répondre

Vendredi on faisait la rando entre Gavarnie et le barrage d’Ossoue et on a croisé beaucoup des concurrents et du coup on s’est intéressé à la course et on s’est régalé. Je voudrais suggérer de l’appeler “Grand Raid International des Pyrénées” car en abrégé ça ferait GRIP… pas mal pour un parcours en montage, qu’en pensez-vous? En tous cas chapeau à tous les intervenants, trekkeurs, organisateurs, quelle réussite!! même le temps était bien organisé. A bientôt.

Baurens | 26 août 2019 à 10 h 36 min Répondre

Je veux juste remercier les bénévoles et les organisateurs pour ce fabuleux travail. Aucune fausse note. Grâce à vous nous vivons des moments d’une grande intensité. MERCI !!

Samiez | 26 août 2019 à 9 h 54 min Répondre

Bonjour à tous.

Une première pour moi dans les Pyrénées. J ai réussis à finir la Gela 2019 (42.3km et 3172D+ 3172D- ) je ne m attendais pas un niveau de difficulté aussi fort mais le principal est de l avoir fini et d avoir profitez de ce paysage merveilleux !!!
Merci à tous pour ce beau moment.
#legros

Gael Bouscaud | 25 août 2019 à 23 h 06 min Répondre

Après le 80 en 2016, nous voici avec des amis de moissac athlé sur le 120 / 7000… euh en fait 7300D+ et 8400D-…
mais quand on aime on ne compte pas !!
très bonne organisation, bénévoles adorables, et super public partout qui encourage et félicite … super ca motive
grand bravo pour le choix du we avec la météo !! enfin paysages magnifiques, je regarde les photos ce soir … superbes
une discussion avec un traileur sur la course qui coure dans les alpes…. pas de débat : il m’a dit que c’était beaucoup plus joli !!
des lacs, des cascades …nature sauvage …panorama terribles
enfin bref, merci, comme vous avez dit, il y aura des moments difficiles mais on termine satisfait et en étant un peu différent …
merci à tous

Yann Lhostis | 25 août 2019 à 18 h 58 min Répondre

Qu’il soit midi ou minuit, toujours le bénévole sourit. Alors, un grand merci !

DAGNAN ROBERT | 26 mai 2019 à 14 h 16 min Répondre

premiere experience de trail dans les pyrenées sur l’ultra et franchement qu’est ce qu’on est bien dans ce type d’épreuve loin des machines à fric tout à l’essentiel aucun chiqué super organisation,supers bénévoles et un décor de carte postale je reviens cette année pour le 220

REGIS DEDEBAN | 18 mars 2019 à 21 h 01 min Répondre

Fidèle parmi les fidèles, comment se priver de cette Magnifique course ,10 ans de GRP cette année sur le 220 . Les parcours sont, même depuis 10 ans, toujours des découvertes de nouveaux paysages et des bénévoles aux petits soins !

Joël Lavigne | 2 mars 2019 à 18 h 56 min Répondre

Un ultra exigeant et technique le 167 de 2018.
L’ambiance est exceptionnelle et les bénévoles au petits soins avec le sourire alors moi je reviens sur le 220. On verra bien!

Laurent Divina | 21 décembre 2018 à 10 h 42 min Répondre

Grand Raid des Pyrénées…Génial Rassemblement de Plaisir…Grande Réunion de Public…
bref, un évènement extraordinaire dans un cadre magnifique!!!
Je reviendrai !!!

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